HISTORIQUE  HISTORIEK  HISTORIC

 

 

H

 

 

 

 

 

   

L'épopée des MMS ... et ceux de notre Force Navale (I)

 

Robert Gollier

 

AVANT PROPOS


Qui se souvient encore de ces petits dragueurs de mines connus sous le sigle anglais MMS pour Motor Mines Sweepers ? Dans l'après-guerre ils constituèrent Ie noyau de la troisième marine militaire beige, la Force Navale qui par tradition aurait pu reprendre le nom de la première voulue par le roi Léopold 1er, Ia Marine Royale, mais ne le fit pas pour des raisons politiques connues et qui sortent du cadre de cette étude.

Ce furent les premiers dragueurs de mines magnétiques efficaces lancés en 1940 après d'intenses recherches pour contrer la nouvelle arme créée par les Allemands : la mine magnétique réputée impossible à draguer.

              

Ces navires de faible tonnage eurent un rôle déterminant parmi tous ceux qui ont permis la victoire des Alliés, mais ils sont généralement oubliés par les historiens.

Les Anciens de la Royal Navy, Section Beige et de notre Force Navale, n'ont jamais oublié la fierté d'avoir fait partie de leurs équipages et conservent de beaux souvenirs des heures de leur jeunesse passées à leur bord.

Au début de la Force Navale les embarquements étaient rares c'était un privilège d'être maté sur un MMS.

Les nombreux Anciens qui servirent plus tard sur leurs successeurs. à bord des MSO, MSC et MSI's, technologiquement plus avancés, trouveront sans doute quelqu'intérêt à connaitre l'histoire de ces dragueurs en bois, robustes et tenant bien la mer, mais roulant beaucoup. Ils avaient été conçus comme dragueurs côtiers mais un bon nombre ont bravé l'océan pour atteindre leurs zones d'opérations. La plupart d'entre eux ont terminé leur carrière au début des années cinquante, mais certains reprirent du service dans des compagnies commerciales privées. Et d'autres qui participèrent à la péche à la baleine par exemple, furent abandonnés ; comme cette épave sur une plage des îles Falkland ou elle se désagrège lentement.

 

CHAPITRE 1

            
PETITE HISTOIRE DES MINES


Naissance de la mine marine
La guerre des mines n'est pas nouvelle. Elle a fait l’objet de nombreuses publications, tant techniques qu'anecdotiques, et il n'est pas question d’en refaire l'histoire ici. Vieille de près de deux siècles, elle est très bien documentée par ces ouvrages. Il peut cependant être utile d'en rappeler quelques aspects marquants, et notamment les débuts de l'utilisation des mines magnétiques, pour bien situer les origines des dragueurs de mines dits « MMS » dans l'histoire de la guerre des mines. lls furent connus au début de la seconde guerre mondiale pendant laquelle ils jouèrent un rôle capita' dans Ia lutte contre les mines mais sont aujourd'hui bien oubliés. lis furent en fait les « ancêtres » de nos chasseurs de mines modernes et sophistiqués d'aujourd'hui.

La mine n'est pas une arme d'invention récente. Un de ces engins rudimentaires, le fourneau explosif de Federico Giannibelli, fut utilisé en 1585 par les Hollandais dans l'Escaut au Nord d'Anvers contre les Espagnols. Mais la mine proprement dite fut inventée tout à la tin du dix­-huitième siècle par Robert Fulton, un génial ingénieur et inventeur américain. Il lui donna le nom de "torpedo" l'anglais pour "torpille". C'est le nom (d'un redoutable poisson assez répandu en Méditerranée et en Atlantique. Une sorte de raie à tête arrondie et à queue charnue capable de produire des décharges électriques pour paralyser ses proies.
Fulton la présenta d'abord à la France qui n'en voulut pas. Il s'adressa alors à l'Amirauté de Londres, mais sa praticabilité étant mise en doute, il contacta le premier ministre William Pitt et obtint l'autorisation de faire un essai sur un vieux brick danois, le Dorothée. Le 15 octobre 1805 l'essai fut effectué au moyen d'une remorque qui tractait la torpille pour provoquer le choc car il n'était pas question de laisser un équipage à bord.

L'explosion des deux cent livres de poudre qu'elle contenait coupa le vieux brick en deux qui coula immédiatement. L'Amirauté estima cependant cette arme uniquement défensive et indigne des vrais marins. Défensive elle l'était sans aucun doute, puisque la technologie de l'époque limitait en pratique son usage à la protection des rades ou des estuaires.

Le Premier Lord de la Mer, l'amiral Lord Saint Vincent déclara alors : "Pilt est le plus grand sol qui puisse exister, d'encourager ce moyen de guerre inutile à ceux qui out la maitrise des mors et qui, s'il y réussi, les privera de cette suprématie".
L'affaire en resta là et Fulton regagna les États-Unis. Il avait vu juste. Les torpilles, comme on dit alors, n'étaient pas chères à fabriquer par des petites marines.

Le capitaine de frégate Luppis, un officier d'artillerie de la Kaiserliche und Königliche Kriegsmarine de l'empire austro-hongrois, se basant sur des documents d'un de ses prédécesseurs décédés, reprit l'idée de rendre la torpille automobile afin de pouvoir la lancer contre un vaisseau ennemi. Un ingénieur anglais contacté par lui concrétisa cette invention. Ce fut la torpille Whitehead du nom de Robert Whitehead son créateur en 1880. Ce nom fut vite oublié pour devenir torpille automobile ou parfois "torpille automatique" pour se généraliser en torpille tout simplement dès la fin du siècle. A partir de ce moment, l'appellation de "mine" marine désigna uniquement les engins dormants, et devint leur nom générique.


Evolution des mines marines

Pendant la seconde moitié du XIXème siècle l'ère industrielle créa une multitude d'armes nouvelles, particulièrement pour la marine ; citons le cuirassé, les canons à longue portées, les sous-marins, la torpille autopropulsée, la mine marine et la mitrailleuse. A cela s'ajouta l'abandon progressif de la voile au profit de la machine à vapeur.

La Kaizerliche Marine commença la guerre des mines dès le premier jour de guerre, Le croiseur HMS Amphion en fut la première victime. Dans la nuit du 4 au 5 aout 1914, l’ancien paquebot Koningin Luize transformé en mouilleur de mines et étant encore dans sa livrée civile, avait appareillé de Cuxhaven pour un mouillage de mine devant les côtes anglaises. Grâce à sa livrée civile, il put opérer en toute tranquillité pour positionner ses deux cents mines au large de l'estuaire de la Tamise. Ce n'était qu'en soirée qu'il fut repéré et identifié. Une flottille de destroyers conduite par le croiseur HMS Amphion l'intercepta et le coula. Malheureusement pour la Royal Navy le croiseur entra dans le champ de mines et sauta sur l'une d'elle qui lui emporta tout son avant.

La flotte allemande, au contraire de son adversaire britannique ne disposait pas de bases en mer du Nord. Mais dès qu'elle occupa nos ports d'Ostende, de Zeebrugge et de Bruges, elle disposa d'une tête de pont pour tenter le blocus maritime de l'Angleterre. Le danger de ces sous-marins, pratiquement impossibles à repérer de nuit en surface, apparut vite aux autorités maritimes franco­britanniques. C'est ainsi que se développa e.a., la guerre des mines. Les mines de la Royal Navy étaient de qualité médiocre. Beaucoup d'entre elles avaient des mises à feu qui ne fonctionnaient pas. Il paraissait évident aux Alliés que le Pas de Calais avec sa largeur de vingt milles marins et ses nombreux bancs de sable était la zone Ia plus propice pour empêcher le passage des sous-marins allemands vers la Manche et l'Atlantique. Un barrage formé de champs de mines et de filets d'acier entre Folkestone et le Cap Gris Nez fut alors tendu.

Devant la supériorité des forces navales alliées qui l'empêchait de mouiller des mines par des bâtiments de surface la Kaizerliche Marine ne tarda pas à mettre au point des sous-marins spécialement équipés en mouilleurs de mines.

         

La Première Guerre mondiale a démontré que l'ère industrielle avait bien révolutionné la guerre sur mer avec la création de deux armes nouvelles : les mines et les submersibles. Ces deux armes ont alors pris une importance qui s'imposera toujours un siècle plus tard. On peut estimer qu'environ 260.000 mines ont été mouillées pendant les quatre ans de guerre. Une moyenne de l'ordre de 4.000 par mois. 130.000 par la Royal Navy, 43.000 par PUS. Navy, 45.000 par la Marine Impériale Allemande, le reste réparti entre par la Marine Nationale Française, les Autrichiens, les Italiens, les Russes et les Turcs. Un bon nombre d'entre elles dorment encore sur les fonds et plusieurs d'entre elles pourraient s'avérer encore dangereuses dans certaines circonstances. Toutes ces mines étaient alors des mines de contact à orin, mais dans les derniers mois de la guerre, HMS Vernon, l'école des mines de la Royal Navy, avait entamé des études basées sur les problèmes de guerre anti-sous-marine pour créer un allumage par influence déclenché par le magnétisme des navires. Ces études ne furent pas poursuivies après-guerre, et la Royal Navy aura des raisons de le regretter vingt ans plus tard.


Les mines à influence

Au cours de la guerre, de constantes recherches furent entreprises pour améliorer les capacités de destruction des mines qui nécessitaient un contact avec sa victime pour exploser. On en revint aux mines de fond dont le mouillage exigeait une profondeur moindre que celle des mines à orin, elles seraient donc bien plus difficiles à draguer. Ce furent d'abord les mines magnétiques, déclenchées par la variation du champ magnétique causé par le passage en surface d'un navire. Au cours de la Seconde Guerre mondiale apparut la mine acoustique dont l'explosion était déclenchée par le bruit des hélices et ensuite l'oyster mine, qui était activée par une variation de dépression causée par le passage d'un navire au-dessus.

L'histoire de la lutte contre les mines à influence dont la mine magnétique fut la première sorte, va commencer avec le début de la seconde guerre mondiale. D'aucuns croient que ce type de mine fut une invention allemande. Mais elle résultait bien des recherches que les Britanniques effectuaient en 1917 à leur école des mines pour mettre au point un appareil de détection ou de destruction des sous-marins, basé sur les variations du magnétisme terrestre lors de l'approche d'un sous-marin. Ces recherches ne permirent pas la création d'un appareil de détection magnétique de submersibles mais aboutirent à la mise au point d'un prototype de mine magnétique. Celle-ci n'était pas encore une mine de fond mais une mine classique à orin à allumage magnétique. La Royal Navy en mouilla un petit nombre dans les derniers mois du conflit mais elle n'en continua pas la production après l'armistice. Ce seront les Allemands qui en feront une mine de fond et la développeront en plusieurs types. Ces mines pouvaient être mouillées aussi bien par des sous-marins que par des navires de surface ainsi que par deux versions pour l'aviation, les types LMA et LMB à parachute ; c'étaient des mines dites aussi dormantes et alors supposées impossible à draguer.


Evolution du dragage des mines

C'est la guerre franco-allemande de 1870, un conflit purement continental, qui allait faire entrer l'ère industrielle dans les armements et Part de la guerre en permettant le développement de nouveaux types de mines. Cette évolution ne fut pas toujours comprise par beaucoup de chefs militaires ou de responsables politiques de l'époque, ce ne fut vertes pas le cas pour les amirautés russe et japonaise. En effet, les deux marines ne feront la première utilisation intensive des mines marines avec des résultats significatifs que lors du conflit qui les opposera en 1904.
Immédiatement après le début des hostilités en avril 1904, les Japonais mouillèrent des mines tapt au large qu'aux approches de la base de la marine russe de Port-Arthur. Les Russes aussi, mouillèrent des mines dans les eaux ou allait croiser la Hotte japonaise. Ces mines allaient causer de lourdes pertes aux deux belligérants. Les Russes ne se remettront pas de la perte de l'amiral Stephan Makaroff disparu à bord de son navire amiral, le "Petropavlosk". Quant à eux, les Japonais subiront la perte de deux cuirassés, quatre croiseurs, deux contre-torpilleurs, un torpilleur et un mouilleur de mines, coulé par l'explosion de son propre chargement. Après la fin du conflit ces mines causeront encore la perte de plusieurs navires marchands naviguant dans ces eaux.

          

Dès ce moment, la mine avait fait ses preuves et allait être systématiquement adoptée par toutes les marines du monde pour devenir une arme de plus en plus redoutable autant que sophistiquée.

L'éternelle histoire du canon et de la cuirasse allait se répéter pour la guerre des mines, avec d'une part l'invention de mines de plus en plus performantes et d'autre part la mise au point de moyens de dragages ou de destruction eux aussi de plus en plus ingénieux. C'est donc bien la guerre russo-japonaise qui révéla l'efficacité des mines marines.

A la fin du conflit, la Royal Navy, bien informée par son attaché naval au Japon, lança un programme de fabrication de mines sphériques à orin par une première commande de mille unités et elle disposait de quatre mille de ces engins au moment de la déclaration de guerre en aout 1914. Quelques années avant la guerre, la lutte contre les mines était particulièrement peu développée, surtout en France. Un des moyens était le contre-minage. Les contre-mines étaient de grosses torpilles contenant une forte charge de fulmi-coton que l'on faisait exploser dans la zone suspectée d'avoir été minée. Le choc de l'explosion devait détruire les mines ou déclencher leur mise à feu. L'efficacité du procédé était sujette à caution. Deux cents kilos d'explosif avaient un rayon d'action de l'ordre d'une centaine de mètres et la consommation de fulmi-coton pour dégager un petit chenal était prohibitive.
On pratiquait aussi un dragage proprement dit en touant un assemble de filins et de grappins lestés près du fond, au moyen de deux remorqueurs de faible tirant. Lorsqu'une résistance de tension était rencontrée on supposait qu'une mine était accrochée au filin et il fallait alors la remorquer dans une zone précise en dehors du chenal à déminer.


La drague Oropesa

En 1906, le capitaine de vaisseau Ogilvy de la Royal Navy proposa une première drague divergente inspirée par les panneaux divergents des chaluts de pêche ; les filets étant remplacés ici par des filins armés de cisailles. Curieusement après une période d'essai le système ne fut pas généralisé et la Navy repris le dragage avec les deux remorqueurs.

En 1910, l'amiral français Ronarc'h procéda aux essais et à la mise au point à bord du remorqueur la Fourche d'une nouvelle drague à panneaux divergents. Il s'inspire de la drague du commandant Ogilvy connue dans la Marine Française sous le nom de "drague anglaise" et à laquelle son nom est resté. Ronarc'h était très doué pour les mathématiques, il réussit son baccalauréat à l’âge de 16 ans pour entrer à la fameuse École Navale de Brest. Lieutenant de vaisseau à 24 ans, il devient en 1907 le plus jeune capitaine de vaisseau de la Marine Nationale.

Toutes les mines étaient alors des mines à orin, elles flottaient entre deux eaux maintenues à une profondeur déterminée par un câble d'acier, dit orin, attaché à un crapaud qui reposait sur le fond. Appelées mines de contact, elles explosaient dès qu'un navire les heurtaient. Le principe de leur élimination était simple et se faisait par une drague à filin et cisailles remorquée entre deux chalutiers. L'inconvénient de cette drague était le risque couru par les dragueurs eux-mêmes, malgré leur faible tirant d'eau.

Pour cette raison, la Royal Navy réquisitionna des bateaux de plaisance à roues à aubes qui avaient en général de faibles tirants d'eau pour les modifier en dragueurs, et lança dès 1915 diverses classes de dragueurs à roues à aubes dont la classe Ascot fut la première.

La drague "Ronarc'h", -du nom de son inventeur, l'amiral Ronarc'h, qui sera célèbre aussi pour l'appui que sa brigade de Fusiliers marins, dits les "Marsouins", apporta à l'Armée belge Dixmude lors de la bataille de l'Yser en octobre 1914-était constituée de deux câbles mis à l'eau la poupe du dragueur. Chaque câble était remorqué et maintenu à la profondeur voulue par une bouée, appelée aussi "cochonnet" et d'un ou deux panneaux, appelés paravanes qui l'écartaient de la route du remorqueur, d'où son nom de drague divergente. Des cisailles fixées sur ces câbles coupaient les orins des mines qui remontaient en surface. Il suffisait alors de les faire exploser ou les couler à distance au fusil ou à la mitrailleuse.

              

Les dragueurs opéraient en flottille sous le commandement d'un excellent navigateur nécessaire à la précision des cartes des zones déminées et travaillaient en formation décalée de sorte que seul le premier dragueur était exposé à un certain risque. Ce risque pouvait être réduit en faisant opérer un premier dragueur dans la zone supposée non minée, d'autres dragueurs suivaient en se protégeant ainsi mutuellement.

La marine anglaise n'avait d'abord pas accepté Ie principe de Futilisation des mines marines qu'elle considérait comme une arme défensive indigne d'une grande puissance maritime. ll lui fallut cependant revoir cette attitude par suite des développements que prenait l'utilisation de la mine dans les autres marines. Elle adopta la drague Ronarc'h montée sur des chalutiers réquisitionnés après y avoir apporté quelques perfectionnements et achetés sur le marché civil. Cette drague devint alors connue sous le nom « Oropesa », appellation encore utilisée de nos jours alors que le terme drague Ronarc'h rente connu seulement de certains historiens de la guerre des mines.

Cette drague Oropesa est un peu plus complexe que la drague Ronarc'h. Elle a trois panneaux multi plans identiques en acier, tenus chacun par trois chaines. En fonction du réglage de celles-ci ces panneaux peuvent travailler en divergente bâbord ou tribord, ou en plongeurs. La différence essentielle tient dans l'amarrage des deux brins. Dans la drague Ronarc'h, les deux brins sont amarrés par le sommet d'un V inversé à une remorque maintenue en immersion par un panneau de plongée. Pour la drague Oropesa, les deux brins sont amarrés indépendamment de chaque bord, ce qui facilite beaucoup les évolutions de la flottille quand elle doit virer de bord en arrivant à la fin de sa zone de dragage. En ce qui concerne les évolutions en elles-mêmes il n'y a pas de différence sensible d'une drague à l'autre, les mines à orins à draguer n'ayant pas sensiblement évolué depuis la Première Guerre Mondiale.

            
Les deux bossoirs de la drague Oropesa sont bien visibles à la poupe d'un dragueur de mines. Les chalutiers à vapeur de l'époque étaient en général bien équipes pour répondre à ces nécessités et la Marine Nationale décida d'en acquérir quelques-uns entre 1910 et1914. Le succès de la nouvelle drague fut tel, que dès son entrée en guerre, des dizaines de chalutiers furent alors réquisitionnés pour être adaptés en dragueurs de mines. Notre photo montre aussi les dimensions d'une cisaille de drague Oropesa.
En 1921, le capitaine de vaisseau Audouard de la Marine Nationale Française, qui était un spécialiste de la guerre des mines, avait déclaré dans une conférence que le dragage des mines magnétiques était pratiquement irréalisable. Il faut remarquer en passant qu'étudier le dragage de ces engins de mort supposait qu'on en admettait l'emploi malgré les conventions internationales.
Selon Audouard, le seul moyen de les neutraliser serait d'étudier des dragueurs émettant un champ magnétique suffisamment puissant pour provoquer leur explosion prématurée à distance de sécurité. Ce système fut envisagé tant par la Marine Nationale Française que par la Royal Navy en octobre 1939. Les Allemands de leur côté développèrent un procédé pour créer les Sperrbrechers. Les Britanniques reprendront l'étude de ce système dont nous reparlerons plus loin. Ils n'avaient cependant pas totalement renoncé à l'utilisation des mines magnétiques et ils avaient même étudié leur perfectionnement. Leur premier modèle était base sur le principe de l'aiguille aimantée sensible au champ magnétique vertical. En 1931, ils donnèrent la préférence aux solénoïdes sensibles toutes les variations du champ magnétique local et non plus uniquement au champ vertical. On peut ajouter que, moyennant une certaine démagnétisation des coques, les mines magnétiques à orin auraient pu être draguées de manière classique, mais les mines de fond restaient impossibles draguer.

 

A SUIVRE

Publié dans "La Flamme" a.s.b.l .Les Amis de la Section Marine du Musée Royal de l'Armée et Histoire Militaire

Iconographies et archives de R.Gollier et D. Henrard