HISTORIEK  HISTORIQUE  HISTORIC

 

 

H

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                

Alabama - Kearsarge Duel devant Cherbourg(I)


Patrice Enault


Par un beau dimanche ensoleillé, une foule de badauds massée sur les falaises et les quais de Cherbourg assiste en direct au duel meurtrier de deux navires américains. Il ne s'agit pas du tournage d'un film à grand spectacle, mais d'un authentique épisode de la guerre de Sécession. Après avoir envoyé nombre de navires yankees par le fond, L'Alabama faisait ainsi son trou dans l'eau, le 19 juin 1864, vaincu par le Kearsarge, son frère ennemi. Patrice Enault, qui participe actuellement à une campagne de plongée très prometteuse sur l'épave du navire confédéré, nous fait revivre l'épopée de ce corsaire mixte, dont la disparition a littéralement traumatisé le camp des Sudistes.

 

Perché tant bien que mal sur les hauteurs périlleuses du clocher de la Trinité à Cherbourg, François-Sébastien Rondin s'applique prudemment à trouver l'espace nécessaire pour installer le trépied de sa chambre photographique. À ses pieds, sous le bleu vif d'un ciel d'été, s'étendent des quais noirs d'une foule nerveuse, la rade, les grands trois-mâts dans le port.

Soudain, un roulement terrible secoue sèchement l'atmosphère. Au loin sur la mer, deux grands navires s'affrontent en un duel qui tourne nettement au désavantage du moins rapide des deux. Rondin s'absorbe dans la scène et appuie sur le déclencheur au moment précis où celui des protagonistes qui paraît désemparé dresse brutalement son étrave hors de l'eau avant de s'enfoncer lentement, focs déployés, sous la surface de l'eau

Cette photo, dont l'existence est attestée par plusieurs témoignages, a aujourd'hui disparu, et de ce duel hors du commun, épisode de la guerre de Sécession américaine en Cotentin, il ne demeure aujourd'hui hélas que des récits d'observateurs et la fameuse marine d'Edouard Manet (sans qu'il soit d'ailleurs prouvé que le peintre ait assisté lui-même au combat).


L'invincible corsaire

Dans De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville, enquêtant sur ce sentiment régionaliste qui travaille alors le Nouveau Monde, fait dire à l'un de ses interlocuteurs : "Ce qui distingue le Nord c'est l'esprit d'entreprise, alors que le sens aristocratique est la marque du Sud". La formule est commode et résume éloquemment le clivage matériel et psychologique : au Nord les manufactures, au Sud le coton, la chasse et le "savoir-vivre", d'où va naître l'idée d'une nécessaire sécession dans cette Amérique qui n'est encore qu'un assemblage de provinces sans réelle cohérence.


La guerre de Sécession

La victoire d'Abraham Lincoln en novembre 1860, 'porté à la présidence des États-Unis sur un programme anti­esclavagiste, fait l'effet d'une gifle aux grands féodaux qui règnent en maîtres absolus sur leur domaine. La Caroline du Sud est le premier État à venger l'insupportable insulte en entrant en sécession, suivie bientôt par six autres. En février 1861, leurs délégués forment les Etats Confédérés d'Amérique, se donnent une constitution, un gouvernement et un président en la personne de Jefferson Davis.

C'est la guerre ! Une guerre atroce, annonciatrice des délires meurtriers du siècle suivant. Face aux Confédérés, Lincoln lève soixante-quinze mille hommes et ordonne l'étranglement des ports sudistes par la puissante flotte de guerre yankee. Les États planteurs, pris à la gorge, manquent de tout, en particulier de navires, pour porter la guerre sur mer. C'est dans ce contexte qu'en juin 1861, James D. Bulloch, envoyé spécial du Congrès confédéré, débarque à Liverpool afin de commander pour le compte des Sudistes les bâtiments qui leur font si cruellement défaut.

Le choix de Bulloch est excellent. À trente-huit ans, l'homme manifeste déjà une grande expérience en matière de négoce, de navires et de diplomatie. En butte aux menées fratricides des représentants de l'Union qui, à Londres, complotent contre lui, il sait se créer et entretenir des sympathies agissantes parmi les industriels du textile du Lancashire dont les affaires dépendent largement de la survie d'un Sud essentiellement producteur de coton. Sa clairvoyance dans la sélection d'un type de navire correspondant aux besoins des Insurgés va se révéler géniale.

    

 

 

Plutôt que d'opter, alors que tout l'y porte, vers un bâtiment lourd et puissamment armé dont le modèle achevé est alors La Gloire, première frégate cuirassée de la Marine française, Bulloch penche pour un navire mixte, à coque en bois. Un choix judicieux car un bateau en bois peut se faire réparer n'importe où dans le monde et la voilure d'appoint permet d'économiser le charbon et donc d'espacer les esca­les. Bulloch oppose la rapidité à la puissance, la manœuvrabilité à la cuirasse. Selon lui, la guerre se gagnerait avec des hirondelles de haute mer !


Un coursier exceptionnel

Ses idées se concrétisent dans le cahier des charges qu'il remet à la firme anglaise John Laird Sons and Company, de Birkenhead, l'un des chantiers navals les plus réputés de tout le Royaume-Uni. Et le 1er août 1861, John Bulloch signe dans le plus grand secret le contrat de construction en neuf mois d'un bâtiment, le 290e construit par Laird , dont tout — de la qualité des matériaux retenus à l'élégance des lignes — porte la marque d'un coursier de haute mer assez exceptionnel.

Raphael Semmes qui allait connaître à son bord la gloire et la défaite, devait écrire plus tard : "En le faisant, on avait moins songé à sa force qu'à sa rapidité". Sa longueur était de 220 pieds ; la largeur de bau de 32 pieds et il mesurait 18 pieds du pont à la quille. Il portait deux magnifiques machines horizontales de 300 chevaux et ses soutes pouvaient contenir environ 350 tonnes de charbon. L'Alabama, ou plutôt le numéro 290 comme on doit encore l'appeler, est gréé en trois-mâts barque. Il réunit au plus haut degré la force et la légèreté.

Son jeu ordinaire de voiles se compose de voiles carrées au mât de misaine, de la voile d'étai de hune d'avant avec le foc, des grands et principaux huniers d'avant de la grand-voile, voile royale et sans pareille, et du pic avec flèche au mât d'artimon. Un peu en avant de ce dernier, se trouve l'appareil du gouvernail, une grande roue double qui porte cette inscription significative : "Aide-toi et Dieu t'aidera", devise qui, dans la position de l'Alabama, a beaucoup plus de signification que de semblables maximes n'en ont généralement...

Le pont principal est aménagé pour recevoir douze canons, et on a préparé une place pour mettre deux forts canons à pivots par le travers. Les lignes de la carène sont magnifiques. La disposition des cabines est peut-être un peu exiguë : mais dans un si petit navire, bâti uniquement pour la vitesse et non pour le bien-être de l'équipage, ce défaut ne peut être évité...".

                                                                    

Indésirable Enrica

Aux chantiers Laird, les travaux sont allés bon train et les délais en passe d'être tenus, mais la construction d'un tel navire attire l'attention des espions à la solde du Nord. Outrés par ces indiscrétions, les Fédéraux protestent énergiquement auprès de Londres qui doit théoriquement rester neutre dans ce conflit. En réponse, le gouvernement britannique menace de saisir l'Enrica — c'est le nom de convenance que porte le navire — et Bulloch apprend par un de ses informateurs "qu'il paraîtrait pour le moins imprudent que l'Enrica restât vingt-quatre heures de plus à quai". Bref, il faut filer à l'anglaise...

Le message est clair. Dès le lendemain, le 29 juillet 1862, John Bulloch s'arrange pour faire ostensiblement monter à bord du navire scintillant de tous ses cuivres, une joyeuse bande de gentlemen en hauts-de-forme et de dames en toilettes, réunis pour une "party" en mer qui s'annonce des plus plaisantes. La longue coque glisse lentement et descend la rivière sous vapeur. On boit du champagne. Les accordéonistes y vont de leurs refrains. Un soleil printanier égaie la côte anglaise que l'on voit défiler lorsque, soudain, une fois au large, Bulloch ordonne aux musiciens de faire taire leurs instruments. D'une voix forte il explique aux invités que l'Enrica ne retournerait pas à Liverpool... Un remorqueur, l'Hercules, se met à couple et prend à son bord l'aimable compagnie. La plaisanterie se termine là, et le navire cingle vers le large.

Huit jours plus tard, l'Enrica met en panne à Terceira des Açores où l'attend le trois-mâts barque Agrippina chargé de provisions, de poudre et de huit pièces de canon. Il faut transborder à trois milles des côtes, dans une mer houleuse, car le gouvernement portugais, resté neutre, ne peut l'autoriser à pénétrer dans la limite de ses eaux territoriales. Les opérations de chargement ne sont pas terminées que le steamer Bahama débarque à Terceira le capitaine Raphael Semmes et son premier officier, le lieutenant John Mac Intosh Kell.
Profil d'un Sudiste

De Semmes, la femme de l'écrivain Octave Feuillet écrira qu'il était petit et sec, légèrement voûté et qu'il avait un peu "la tournure du premier Empereur". Semmes ne peut imaginer la guerre de Sécession que comme une nouvelle et inéluctable guerre d'Indépendance. Depuis toujours les idéaux du Sud se confondent avec les siens et lorsqu'à l'ouverture du conflit fratricide, le Comité Confédéré de la Marine a invité cet ancien avocat et officier de la Marine américaine — du temps où elle était unie — à venir le rejoindre, l'homme n'a pas hésité une seconde : "Mon sort est lié au Sud !"

A cinquante-trois ans, Raphael Semmes commande le Sumter, un vapeur armé, et se crée une spécialité : forceur de blocus, à laquelle il ne tarde pas à ajouter celle de prédateur du commerce yankee. En mer, son sens de l'esquive et du guet-apens fait merveille. Sa réputation prend l'éclat des feux qu'il allume ici et là sur le vaste océan. Suprême honneur, Washington met sa tête à prix, mais le "British Pirate", comme on ne l'appelle pas encore, aligne les prises et se joue des canons du Nord. Ce juriste polyglotte sait surtout jusqu'où ne pas aller trop loin et n'est jamais aussi efficace qu'en chassant dans les marges imprécises que laissent parfois subsister les traités de droit international.

Ses croisières l'emmènent de la Nouvelle Orléans aux Antilles françaises puis, de là, au Brésil et de l'autre côté de l'Atlantique. Mais à l'automne 1862, à Gibraltar, les chaudières épuisées de son navire et la surveillance serrée qu'exerce sur lui au sortir de la rade l'U.S.S. Tuscarora, l'obligent à abandonner là le vaillant Sumter et à regagner par d'autres moyens les terres confédérées. Il a capturé dix-huit bâtiments ennemis, brûlé leur cargaison, confisqué leur chronomètre, dont il fait frénétiquement collection, et il est libre. C'est-à-dire de nouveau prêt à servir. Aussi, lorsqu'il faut un capitaine pour le plus prometteur des croiseurs sudistes, l'Alabama, c'est vers Semmes qu'on se tourne, et James D. Bulloch, autre prétendant potentiel à la fonction, ne pourra qu'en concevoir un secret dépit.

L'oeil perçant, la moustache raide, l'allure martiale, tout chez Raphael Semmes reflète cet esprit offensif qui restera sa marque. À peine à bord de l'Enrica, son premier geste est de remplacer les couleurs anglaises par le pavillon étoilé des treize Etats confédérés. Puis il lit à un équipage probablement médusé, mais bien payé (5), l'ordre de commission faisant à partir de cet instant du trois-mâts Enrica, un corsaire confédéré dont la renommée n'est pas près de pâlir : le Confederate States Steamer Cruiser Alabama.


Porter la guerre où personne ne l'attend

L'aventure peut commencer ! Semmes sait que sa force ne réside que dans la fulgurance de ses attaques, la surprise et la fuite : une guerre de mouvement où le corsaire qui coule un transport ennemi se soucie peu de sa proie, car sa vraie victoire n'est pas d'envoyer par le fond la cargaison d'un adversaire mais, ce faisant, de provoquer l'augmentation des primes d'assurances maritimes.
Dès ses premiers bords sur l'Alabama, fidèle à cette tactique de désorganisation du trafic marchand du Nord, Semmes décide de s'embusquer aux atterrages de l' île Florès, la plus occidentale des Açores : "...Le onzième jour après avoir été commissionnés, écrit dans ses mémoires le premier officier, le lieutenant J. Mac Intosh Kell, à moins de cent milles de l'endroit où nous avions hissé nos couleurs, nous fîmes notre première prise"...

Divisé en deux bordées égales, l'équipage de matelots anglais recrutés à la hâte dans les rues de Liverpool apprend vite dans le feu de l'action à servir les batteries et manier le sabre d'abordage : du 5 au 18 septembre, l'Alabama arraisonne les baleiniers yankees Ocmulgee, Ocean Rover, Altamaha, Benjamin Tucker, Courser, Virginia, Eli sha Dunbar, les goélettes Star Light, Weacher Gange et la barque Alert, tous brûlés en pleine mer après que leurs équipages aient été conduits à l' île Florès.

"Après quelques semaines de croisière par bonne brise autour des Açores, poursuit Mac Intosh Kell, nous fîmes cap vers le Sandy Hook, sur la route des cargos qui transportent le blé américain des ports de l'Est vers l'Europe. Nous prîmes vingt-trois navires en deux mois. Nous en brûlâmes vingt. Mais nous essuyâmes de fréquentes tempêtes au large des bancs de Terre-Neuve et le 16 octobre un cyclone emporta notre grand hunier. Considérablement secoués, nous décidâmes de chercher des latitudes plus douces et par les îles au Vent nous entrâmes bientôt dans la mer des Caraïbes (...)."

Le 18 novembre, l'Alabama touche Fort-de-France où l'attend l'Agrippina, son ravitailleur en charbon. Mais la terrible renommée du corsaire a déjà surpassé celle que Semmes s'était faite à bord du Sumter. À Washington, Welles, le secrétaire de la Marine fédérale, accablé de doléances émanant des armateurs fédérés, a lancé ses croiseurs aux trousses de l'Alabama. Le 19 novembre, le San Jacinto repère enfin le corsaire au mouillage à la Martinique où l'accueil que lui fait la population dépasse la neutralité qu'exigent pourtant les circonstances. Le San Jacinto décide de bloquer le rebelle en se postant au centre de la baie. Mais le piège est un peu gros. Profitant de la nuit, tentant à son habitu­de le tout pour le tout, Semmes inflige à l'adversaire une nouvelle démonstration éblouissante de son art de la fuite et s'éclipse en haute mer...

 

La liste des prises s'allonge

L’Alabama entre dans la légende ! Quatorze navires fédérés volent à sa poursuite et s'épuisent à le pister ici ou là alors qu'il rançonne déjà ailleurs. La panique qu'il s'applique à susciter partout pousse les assureurs de New York à exagérer les risques encourus par les navires et les cargaisons. Les taux des primes sont gonflés, acculant les armateurs à faire passer leurs flottes sous pavillon étranger, principalement anglais. Dès le 22 juillet 1863, la Chambre de commerce de New York annonce solennellement que "cent cinquante navires ont d'ores et déjà été capturés par l'Alabama et ses semblables, le Florida et le Georgia, soit soixante mille tonnes évaluées à douze millions de dollars..." Et Semmes se délecte à la lecture de ses méfaits relatés par les journaux nordistes qu'il trouve à bord de ses prises.

Certes, la presque totalité de ses proies n'est constituée que de bâtiments marchands yankees sans défense. Mais lorsque l'occasion lui est donnée d'affronter les canons ennemis, il n'hésite pas davantage. Il ne lui faut que trente minutes pour couler, de nuit, la canonnière cuirassée U.S.S. Hatteras dont il sauve les rescapés. Six jours plus tard, c'est au tour du Golden Rule de subir la dure loi de l'Alabama, puis le lendemain, du brig Chastelain, en route pour Cuba avec une cargaison de sucre et de rhum, du Palmetto, du Golden Eagle, de l' Olive Jane, du Washington, qui tente de fuir... "Il était obstiné, note à son sujet un Semmes presque attendri, et il me fallut me résoudre à lui arroser la poupe d'un coup de canon avant qu'il ne revienne enfin à de meilleures dispositions."

La liste des prises du raider confédéré est vite fastidieuse ! Steamers à aubes, transports de grain, de sucre, de rhum, baleiniers et goélettes, vapeurs chargés de l'or de Californie en route pour New York, grands trois-mâts carrés, "traders" du Pacifique... En juillet il s'embusque au large des côtes du Brésil, zone focale où la densité des trafics en provenance de tous les océans atteint son maximum. Il y détruit ou capture quarante-quatre navires. Puis il met le cap au Sud-Est.


Le corsaire frappe en Afrique et en Asie

Le 5 août 1863, il est au Cap où, sous les yeux d'une foule énorme massée sur les hauteurs de la baie de la Table, il fait prisonnier le Sea Bride et mystifie littéralement le Vanderbilt, vapeur armé nordiste, dont le commandant, le captain Baldwin, se vantait partout "qu'il n'avait pas l'intention de bombarder l'Alabama mais bien de l'éperonner et de le couler bas"...

Mais c'est en Asie qu'on attend le moins l'Alabama ! Piquant à l'Est par les routes dangereuses des "Quarantièmes rugissants", Semmes s'engage dans l'océan Indien, gagne Singapour en embouquant le détroit de la Sonde qu'il touche en décembre 1863. Il y sème une fôis encore l'épouvante dans les rangs des trois-mâts yankees qui commercent avec la Chine et les oblige presque tous à changer de pavillon ou, pire, à désarmer. Il chasse à Bornéo, à Poulo Condor, où le représentant du gouvernement français lui donne toutes facilités pour se ravitailler. Il fête Noël à sa manière en détruisant le trois-mâts Texas Star qui venait juste de changer son nom en celui de Martaban et de hisser un pavillon anglais, stratagème inutile ; puis c'est au tour du Sonora, du Highlander...

La seule présence du raider suffit pour faire déserter ces eaux lointaines. Semmes décide alors de regagner la vieille Europe. Il longe les côtes du Bengale, traverse de nouveau l'océan Indien, fait escale aux Comores où son journal le montre discutant des avantages comparés de l'esclavage avec des caïds noirs locaux qu'il découvre tout à fait acquis à ses thèses, avant de s'engager dans le canal du Mozambique. Là, Semmes ressent brutalement une grande lassitude. Il s'est dépensé sans compter : "Mon navire est usé, tout comme son commandant, et exige une bonne refonte générale. Si mon action peut avoir été de quelque efficacité dans les coups portés à l'ennemi, contribuant ainsi à l'indépendance de mon Sud adoré, je serai amplement récompensé..."

 

A SUIVRE

 

 

 

ajxmenu1